L’art du dessin en France (1400-1900)

Cet article dresse une liste des principaux noms de l’histoire du dessin français. Il a été écrit grâce au livre L’art du dessin en France, 1400-1900.

1- Les précurseurs

L’art du dessin commence véritablement à la Renaissance, mais peu de dessins ont pu être conservés avant cette époque.

Villard de Honnecourt : carnet contenant des dessins de personnages, d’animaux, de machines et d’achitecture à la plume (1230-1250), conservé à la BNF.

Les différents dessins sont à la fois simplifiés (on sent l’intention décorative de certains dessins, très géométriques et idéalisés) et pour autant très réalistes (postures) et détaillés (drapés).

On y trouve également des dessins composés ou recouverts de formes géométriques. Il s’agirait de dessins mnémotechniques pour retenir des règles de construction géométrique élémentaires, utilisés par les constructeurs de cathédrales.

Pour en savoir plus sur Villard de Honnecourt et son carnet, visitez ces deux sites :

Exposition BNF : les cathédrales et Villard de Honnecourt

Site de l’association Villard de Honnecourt

14-15ème siècle : la production de papier s’accroît. Il devient alors plus simple de dessiner (auparavant, on utilisait du vélin ou du parchemin). La pointe d’argent est utilisée sur du papier préparé.

A la fin du 15ème siècle, la pierre noire apparaît en Italie, ainsi que la sanguine et la craie blanche.

Ce sont les outils qui ouvrent la voie d’un art graphique plus libre que la peinture.

Pour en savoir plus sur les outils du dessin, je vous conseille de lire ce mémoire de maîtrise : Historiographie des matériaux et instruments du dessin à la Renaissance de Joseph Meder à Annamaria Petrioli Tofani

2- Dessinateurs portraitistes

Au milieu de 15ème siècle, on observe le développement des portraits dessinés en France.

Jean Fouquet : pour en savoir plus

Jean Clouet : utilise la pierre noire avec quelques rehauts de sanguine, les volumes sont rendus par hachure

François Quesnel (1543-1617) : crée des teintes en mélangeant les craies sur papier teinté

3- L’école de Fontainebleau

Initiée par François 1er, sous le style maniériste

Léonard de Vinci : intervient peu car très âge quand il arrive en France

Rosso Fiorentino (1495-1540)

Francesci Primaticcio (1504-1570)

Nicolo dell’Abate (1512-1571)

Antoine Caron (1527-1559)

Jean Cousin Le Jeune (1522-1594)

4- La seconde école de Fontainebleau

Initiée par Henri IV, toujours dans le maniérisme

Amboise Dubois (1542-1614)

Toussaint Dubreuil (1561-1602)

Martin Fréminet (1567-1619)

5- L’école de Lorraine

Rattachée à la cour ducale, toujours le maniérisme mais plus expressif

Jacques Bellange (1575-1616)

Georges Lallemand (1570-1635)

Claude Deruet (1588-1660)

Jacques Callot (1592-1635) : utilise beauoup le lavis pour travailler le clair/obscur

6- Le classicisme

Sous Louis XIII

Claude Lorrain (1600-1682)

Réalise des études de composition en plusieurs étapes :

–         idées initiales, essais, conservés ou rejetés

–         conception soumise à certains principes de composition

–         modèles, dessins de présentation

–         reproduction de peinture

Nicolas Poussin (1593-1665) : utilise beaucoup le lavis pour travailler la distribution de la lumière

Simon Vouet (1590-1649) : ouvre la tradition du dessin académique d’après modèle ou statue, dessin sur papier gris avec rehaut de craie blanche

Claude Mellan (1598-1688) : réalise des portraits avec peu de moyens

Laurent de La Hyre (1606-1656)

Jacques Sarassin (1592-1660) : sculpteur

Eustache Le Sueur (1617-1655)

Sébastien Bourdon (1616-1671)

7- Au service de l’absolutisme

Sous Louis XIV

A l’Académie royale de peinture et de sculpture dirigée par Le Brun, l’enseignement repose sur le dessin d’après l’antique ou modèle vivant, mais en utilisant des règles de proportions établies (et aussi le traité de Le Brun sur les expressions du visage et les attitudes). Il y avait donc peu de place pour la création.

La primauté est donnée à la forme, au dessin, c’est-à-dire la description intellectuelle des objets.

Usage du papier teinté, des contours, des hachures, des rehauts de blanc

Le Brun (1619-1690) : dessins très calligraphiques puis évoluent vers le clair-obscur

Pierre Mignard (1612-1695) : poursuit l’œuvre de Lebrun, utilise les 3 crayons, dans des dessins un peu moins académiques.

8- Couleur ou dessin : une controverse académique

Le Brun affirme la suprématie du dessin. Mais on assiste au développement des dessins polychromes et picturaux, grâce à l’usage des craies de couleur sur papier teinté.

Charles de La Fosse (1636-1716) : initiateur du mouvement

Antoine Coypel (1661-1722) : études de nu féminin à la sanguine

Antoine Watteau (1684-1721) : utilise les 3 crayons dans des dessins spontanés et aérés

9- Régence et rococo

A la mort de Louis XIV, on assiste à une plus grande variété dans l’art, qui s’ouvre aux cercles de collectionneurs et d’amateurs d’art

Nicolas Lancret (1690-1743) : imite le style de Watteau

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755)

Chardin (1699-1779)

Jérôme-François Chantreau (1710-1757)

François le Moyne (1688-1737)

Charles-Joseph Natoire (1700-1777)

François Boucher (1703-1770)

Edme Bouchardon (1698-1762)

10- Le pré-romantisme

On redécouvre les ruines antiques, on s’attache plus aux paysages et à l’atmosphère.

On retrouve alors une plus fréquente utilisation du lavis, du clair-obscur plutôt que du dessin pour souligner les formes.

A partir de 1737, le Salon se tient régulièrement, assurant ainsi la promotion des artistes.

Jean-Baptiste Greuze (1725-1806)
Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)
Hubert Robert (1733-1808) : compagnon de Fragonnard, surnommé « Robert des ruines »
Jean-Baptiste Le Prince (1733-1781)
Gabriel de Saint-Aubin (1724-1780)

11- Le néo-classicisme

Joseph-Marie Vien (1716-1809)
Esprit-Antoine Gibelin (1739-1814)
François-André Vincent (1746-1816)
Jacques Gamelin
(1748-1808)
Louis-Jean Desprez (1743-1804)

12- La Révolution et l’Empire

Avec la Révolution, l’art revêt une fonction éducative et morale. Il doit participer activement à la transformation de la société. L’emprise de l’Académie est brisée, l’individualisme s’affirme.

Jean-Louis David (1748-1825) : passion pour le dessin, les formes, les contours
Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823) : travaille le clair-obscur sur papier bleu avec la pierre noire, des rehauts de blanc, l’estompe, les hachures.
Anne-Louis Girodet-Trioson (1767-1824)
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) : s’attache aux contours, utilise peu les ombres

13- Le romantisme

Les artistes peignent des sujets dotés d’un profond impact émotionnel.

Théodore Géricault (1791-1824)
Eugène Delacroix(1789-1863) : il a un don pour la transcription rapide et synthétique de la réalité, et la faculté de combiner dynamisme et sens de l’ordre. Il utilise tous les médias du dessin.
Victor Hugo (1802-1885)

14- Le réalisme

Honoré Daumier (1808-1879)
François Millet (1814-1875)

15- Les maîtres du trait

Camille Corot (1796-1875)
Constantin Guys (1802-1892)
Pierre Puvis de Chavanne (1824-1898)
Edgar Degas (1834-1917)

Au XIXème siècle, le dessin n’est plus une étape essentielle de la peinture. Il est peu à peu délaissé par les impressionnistes, sauf :

– Gauguin
– Seurat
– Toulouse Lautrec
– Redon
– Rodin
– Cézanne

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