5 septembre 2008


Au suivant !

Jupiter est rangé, la page est tournée. Place au prochain.

Je me lance un défi, et même plusieurs : dessiner, d’après photo, sur un très grand format, le groupe sculpté par François Girardon se trouvant dans le bosquet de la Colonnade à Versailles : l’enlèvement de Proserpine par Pluton.

J’aime beaucoup ce groupe. Sa disposition au centre du bosquet permet de tourner autour librement et donc de disposer de nombreux points de vue. Et quelque soit le point de vue, les courbes, les lignes sont de toute beauté. Je ne m’en lasse pas.

J’ai passé un long moment à tourner autour, à prendre pas mal de clichés. Pour mon dessin, j’ai fini par choisir celui-ci, mais le choix fût difficile. Je pense que je ne m’arrêterais pas à un seul dessin.

Qu’est-ce qui me plait ? la puissance de Pluton, la tension des muscles, et tout particulièrement les mains agrippant les hanches, mais aussi la grâce de Proserpine.

J’ai longuement réfléchi aux lignes directrices qui allaient me guider. J’ai fini par en trouver un petit nombre, en forme de croix pour Pluton, ce qui donnera de la stabilité, du poids, et en éventail pour Proserpine, ce qui donnera du mouvement, de la tension.

Il m’a fallu ensuite trouver le cadrage adéquat. Après de nombreux essais, je suis tombé sur un rapport 3/4, ce qui donne le résultat ci-dessous :

Seul le groupe sera dessiné, sans l’arrière plan qui nuit à la lisibilité. J’ai choisi la pierre noire sur un papier à grain fin (du papier aquarelle en fait).

Un des défis consiste à dessiner sur un très grand format : 75*56 cm (format raisin). Je m’y suis trouvée presque obligée car représenter un groupe sur du 30*40 ne me laisserait pas assez de marge de manoeuvre pour détailler certaines parties. Alors, soyons fou. J’ai déjà fait un grand dessin, je sais maintenant ce qui m’attend.

Enfin, dernier défi, dessiner d’après photo. Il va falloir que je fasse le tri entre ce que je vais figurer, suggérer, accentuer. J’ai déjà ma petite idée, mais je garde ça pour moi pour le moment.

Avant de me jeter dans le grand bain, je vais faire une répétition générale sur petit format (20/15) de façon à valider le choix du cadrage et l’aspect général du dessin. Allez, encore un peu de patience …

Voici l’explication du mythe de l’origine des saisons :

L’enlèvement de Proserpine est un des mythes primordiaux des anciens Grecs et Romains. Il explique le cycle toujours recommencé des saisons.

Pluton, le roi des Enfers, est amoureux de sa nièce Proserpine, née de Céres et de Jupiter. Mais les parents s’opposent au mariage. Le dieu souterrain finit donc par enlever la jeune fille un jour qu’elle cueille des fleurs dans la plaine de Sicile.

Céres entend bien les cris de son enfant, mais elle arrive trop tard. Proserpine a disparu. Désespérée, la mère erre sur la terre pendant 9 jours et 9 nuits, sans manger ni boire, un flambeau dans chaque main.

Ce n’est qu’en Argolide que les habitants de la ville d’Hermione lui révèlent le nom du ravisseur. Furieuse que son propre frère ait pu faire cela, Céres décide de plus remplir ses fonctions divines jusqu’à ce que sa fille lui soit rendue.

Hélas, la terre devient stérile et les mortels commencent à mourir de faim.

Emu par leur détresse, Jupiter finit par ordonner à Pluton de rendre sa captive. Malheureusement, celle-ci a avalé le pépin d’une grenade du monde souterrain, en voulant boire le jus du fruit. Elle est donc liée pour toujours au séjour des Morts.

Mais, un accord est quand même trouvé : Proserpine va passer deux tiers de chaque année avec sa mère et le reste du temps sous terre. Pendant ces longs mois de séparation, Céres porte le deuil de sa fille et la terre reste stérile : c’est l’hiver.

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