29 juin 2008


L’atelier de dessin

J’ai fini par l’acheter, ce bouquin, qui m’intriguait. Je l’ai lu, non, je l’ai dévoré, je l’ai lu, lu et relu, j’en ai fait une synthèse.

Il m’a conforté dans l’idée que 1-le dessin ça s’apprend, comme un métier, 2-il faut du temps, beaucoup de temps et beaucoup de pratique, 3-l’étude des maîtres est une excellente école, car elle permet de voir le monde à travers l’art, et de faire le lien avec le passé, notre passé.

Cette fois, ma décision est précise, j’en reviens à mon idée première : apprendre à dessiner, sérieusement, acquérir les principes de base et la dextérité qui me donneront cette liberté dont je manque, apprendre à voir et comprendre les oeuvres d’art aussi.
Si je réussis à m’épanouir dans ce domaine (comme dans d’autres), j’en serais fière, et ma vie aura eu un sens.

Comment ? en reprenant mon « programme » d’étude hebdomadaire, mais structuré cette fois avec une méthode ancestrale, et aussi en prenant des cours, à la rentrée, dans une institution sérieuse : http://perso.orange.fr/academieabbaye/index.html

Ci-dessous, je publie le résumé de ce livre, qui m’a ouvert les yeux, qui m’a rassuré, et qui est aussi une formidable collection de dessins magnifiques.

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L’atelier de dessin

Un beau dessin est le couronnement de plusieurs techniques appliquées simultanément.

La conception fournit l’échafaudage du sujet et sa situation dans le rectangle de la page.

La ligne imprime au dessin une organisation thématique et un mouvement.

La valeur fournit l’atmosphère et un schéma d’organisation pour le modelé des valeurs.

Enfin, la forme donne la profondeur et la solidité.

Quand tous les éléments sont intégrés avec maîtrise, aucune de ces mécanismes n’est visible. L’observateur regarde le dessin et ressent l’émotion et les sentiments qui s’y expriment. En d’autres termes, il voit ce que ressent l’artiste.

Pour certains, cet échange est l’objet de l’art.

Mais aussi : « une belle chose est une joie pour toujours ».

L’étude des principes limités du dessin permet des applications illimitées. Les principes de base, une fois maîtrisés, loin de limiter la liberté, le travail, l’expression et l’originalité de l’artiste, les renforcent et leur donne leur structure.

L’élève qui sait dessiner ne sera pas freiné par un manque de technique pour développer son expression personnelle.

L’étude des principes passent par l’étude de sujets éternels : la copie de grands maîtres, le dessin de plâtre, le nu et le portrait.

La conception

L’objectif de la composition est d’organiser les objets et les espaces sur la toile de manière à créer un rythme, une mélodie et une harmonie.

La plupart du temps, la conception se fait sur une base géométrique, utilisant le nombre d’or, qui garantit « naturellement » une certaine harmonie.

La ligne

Une ligne commencée invite l’œil à suivre une certaine direction, que la ligne se poursuive ou non. L’œil est conduit vers les points clefs du dessin, à l’aide de lignes directrices fortes.

Il faut donc organiser l’image en un schéma signifiant hiérarchisé.

La tension oppose une ligne à un autre élément.

La résolution intervient lorsqu’un élément rétablit la dynamique entre deux éléments, ce qui crée une harmonie.

La répétition des axes directeurs crée un travail intéressant et varié.

Les types de ligne

La droite

La courbe

Les obliques et les diagonales

Les lignes de direction parallèles ou en rayonnement

Les figures géométriques inscrites

Les combinaisons de lignes droites et courbes

Le cadrage

C’est le placement de l’image dans la page et ses proportions. Il sert aussi à poser la ressemblance.

L’objectif du cadrage est de choisir parmi la multitude des lignes directrices du sujets, quelques lignes significatives qui en restitueront la dynamique. Il s’agit de résumer l’ensemble avant d’en développer les détails.

Le processus de simplification inhérent au cadrage a pour mission de donner une direction au dessin, ce qui permettra à l’artiste d’ordonner celui-ci selon l’objectif et le contenu affectif qu’il souhaite.

Le fait de comprendre la nature abstraite de l’art du dessin aide l’artiste à exprimer sa propre vision du monte et à entrainer le regard du spectateur.

Cette étape est essentielle, à ne pas négliger.

Quelques objectifs simples :

Esquisser légèrement

Saisir les aspects essentiels

Travailler du général au particulier

Identifier les éléments indispensables

Chercher à créer une ressemblance de base

Utiliser les droites, les lignes intérieures plus que les courbes et les contours

Les mesures

La mesure n’élimine p
as la vision personnelle de l’artiste, elle débarrasse le dessin des erreurs de proportions involontaires qui empêchent cette vision de transparaître.

La mesure comparative permet de respecter les proportions, la mesure relationnelle permet une construction structurelle du sujet, la mesure à l’œil prend en compte uniquement ce que l’œil voit.

La valeur

L’opposition entre la lumière et l’ombre est le premier élément nécessaire pour créer une différence et donc le facteur le plus important pour créer un art visuel.

Les valeurs donnent à l’œuvre d’art l’organisation de sa structure et son contenu émotionnel

La composition

La composition des valeurs est la version simplifiée composée des grandes zones de valeurs plates, avec une utilisation réduite de tons. C’est une cartographie du dessin final.

L’atmosphère

On peut choisir entre 3 plans de valeurs :

Le plan nuit : le point focal est clair, il est placé sur un fond sombre

Le plan aube : le point focal est foncé, il est placé sur un fond clair

Le plan midi : distribution à peu près égale des valeurs claires et foncées avec une alternance des contrastes.

La hiérarchise dans la composition

André Lhote : exagérer, réduire, supprimer

Les tons, organisés en vague de lumières et d’ombres, guident l’œil à travers l’image.

Plusieurs stratégies d’organisation des valeurs :

Distribution des valeurs en périphérie

Ombres en périphérie (effet bougie)

Alternance

Contraste le plus fort sur le point focal

L’unité visuelle dans les valeurs

Le grand art est un paradoxe qui réconcilie le général et les détails.

Un bon dessin confère une unité due à l’équilibre fragile entre les éléments abstraits de l’élaboration de l’image et les détails particuliers qui donnent à l’objet son caractère unique.

Simplifier les ombres et la lumière

La bosse de l’ombre : la ligne qui distingue la lumière de l’ombre, qui permet de dessiner des zones géométriques d’ombre et de lumière.

Les ombres peuvent être simplifiées car elles servent à mettre en valeur la lumière.

Les demi-tons (zone entre l’ombre et la lumière) crée l’illusion dimensionnelle, donc ne doivent pas être trop simplifiés.

La forme

L’illusion de la forme est le domaine des demi-tons, qui nous renseignent sur la source lumineuse et sur la surface de l’objet.

La copie des grands maîtres

L’objectif est de reproduire une œuvre soit fidèlement, soit dans son essence. C’est l’occasion d’identifier les modes de représentation du maître, ses méthodes et ses solutions aux problèmes et d’avoir ainsi un contact très personnel avec l’excellence.

Copier est le meilleur exercice pour commencer :

Entraînement à dessiner un sujet statique en deux dimensions

Dextérité dans le maniement du médium employé

Compréhension pratique de la façon dont ces maîtres ont utilisé la ligne, la valeur et la forme au mieux

Procédé :

Etudier la construction de l’œuvre originale

Y retrouver les éléments qui en déterminent le thème et le ton

Repérer où les principes éternels du dessin et une technique solide ont été mise en œuvre pour que l’observation de la nature se transforme en une magistrale œuvre d’art

En étudiant les œuvres des maîtres et en les copiant, l’artiste apprend à voir par les yeux d’un autre. L’émulation devient la première étape vers l’expression propre et tôt ou tard, l’artiste voit dans la vie ce qu’il a appris à voir en art.

Un artiste qui se soumet à la copie commence à maîtriser l’art de voir la nature.

Le dessin de plâtre

Avec le plâtre, il s’exerce à traduire en deux dimensions ce qu’il voit en trois
dimensions. Le plâtre est l’étape naturelle entre la copie des grands maîtres et le dessin d ‘après nature.

L’étudiant qui sait dessiner un plâtre peut tout dessiner.

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