2 juin 2008


Blocages et résistance : le diagnostic

A la lecture du livre de Julia Cameron, le diagnostic se pose, mot par mot, maux par maux.

Je reprend ici, en forme de synthèse, les différents éléments explicatifs de mon comportement et les difficultés que je rencontre.

L’art d’une vie créative

C’est bien ce dont il s’agit. Mon blocage relatif au dessin, à la peinture, n’est que le révélateur d’un blocage plus général, dans ma vie quotidienne.

Les artistes-fantômes

Ils transposent sur leur entourage leurs rêves de créativité. Conjoint, amis, relations gravitent dans le milieu artistique et deviennent des catalyseur d’admiration et de regret.

Le piège de la vertu

En voulant être agréable aux autres, nous sabotons les moments de solitude dont nous avons besoin pour nourrir notre créativité intérieure. Nous endossons alors l’anorexie artistique comme une croix de martyr, dans un comportement autodestructeur.

Le danger du perfectionnisme

Le perfectionnisme, c’est le refus d’aller de l’avant. C’est un système obsessionnel, fermé, qui vous arrête sur les détails, en faisant perdre de vue l’ensemble.

Le perfectionnisme, ce n’est pas une quête du meilleur, c’est la poursuite du pire de nous-mêmes, cette partie qui dit que rien de ce que nous faisons ne sera jamais assez bon, que nous devrions essayer à nouveau ou tout abandonner.

Au lieu d’avoir du plaisir à créer, le perfectionniste est constamment en train d’évaluer les résultats.

L’âge et le temps : produit et procédure

« Sais-tu quel âge j’aurai quand je saurais jouer du piano ? Le même âge que tu aurais si tu n’apprenais pas à en jouer. Aussi, commence maintenant ! »

Au cœur de l’anorexie de l’évitement artistique se trouve le déni du processus. Nous aimons nous concentrer sur l’apprentissage d’une compétence ou sur la réalisation de l’œuvre d’art. Cette attention prêtée à la forme final, au résultat, ignore que la créativité est ce qui se fait et non ce qui est fait.

Ambition et humilité

Les créateurs bloqués prennent du plaisir à penser qu’ils devraient changer de vie, brusquement. Au lieu de faire de petits pas encore mal assurés en direction de leurs rêves, ils préfèrent se précipiter au bord de la falaise et ensuite, se tenir là, tout tremblants, et dire « je ne peux pas sauter, je ne peux pas sauter, je ne peux pas sauter … »

Addiction à l’angoisse

Pour être créatif, il faut être actif.

La plupart des créateurs bloqués présentent une addiction active à l’angoisse. Nous préférons la douleur lancinante et les crises de panique au travail fastidieux des pas quotidiens, simples et petits, dans la bonne direction.

La peur

L’artiste bloqué met toute son énergie dans les regrets, la douleur, le doute envers lui-même. Il n’a de pensées que pour des tâches de grande envergure, effrayantes et impossibles à réaliser, ni même à commencer.

L’artiste bloqué à peur, peur de l’échec, de la réussite, de l’abandon, de ne pas être assez bon, de ne pas finir.

Il n’existe qu’un seul remède contre la peur : l’amour.

La valeur de l’enthousiasme

A court terme, la discipline peut apporter des résultats, mais s’épuise vite, car elle repose sur la volonté soutenue par la fierté.

L’enthousiasme est un apport constant d’énergie, s’enracine dans le jeu et non dans le travail. L’art est un processus divertissant.

Demi-tours créatifs

Se défaire de nos blocages d’artistes, c’est comme récupérer d’une maladie. Il faut s’engager sur la voie de la santé. Il faut se décider à faire un choix et à renoncer aux joies et aux privilèges accordés à l’invalide émotionnel.

Bloqué, nous savons qui nous sommes et ce que nous sommes : une personne malheureuse. Sans blocage, nous pouvons être heureux, c’est terrifiant, non familier, hors de contrôle, trop risqué. Est-ce étonnant de faire des demi-tours temporaires ? En général, nous commettons un hara-kiri créatif soit à la veille, soit à la suite d’une première victoire créative.

Lors d’un demi-tour
créatif, il est caractéristique d’avoir honte deux fois : d’abord pour notre peur et ensuite pour notre réaction à cette peur.

Se droguer par le travail

Trop travailler constitue une addiction qui bloque l’énergie créatrice. Pour les créateurs bloqués, le divertissement est quelque chose qu’ils évitent avec presque autant d’acharnement que leur créativité.

Entrer dans un corps de travail

La plupart des créateurs bloqués sont des êtres cérébraux. Nous pensons à tout ce que nous voulons mais nous ne pouvons pas faire.

Nous avons besoin de sortir de notre tête et d’entrer dans un corps de travail. La créativité exige l’action, qui doit être en partie physique.

Avoir confiance

Notre résistance face à notre créativité est une forme d’autodestruction. Nous nous barrons la route. Pourquoi ? Pour conserver l’illusion de contrôle.

La dépression, la colère et l’angoisse sont des résistances créant un malaise qui peut devenir une maladie. Cela se manifeste par de l’apathie, de la confusion, des « je ne sais pas ».

Il faut avoir le courage d’admettre ses rêves et avoir confiance dans cette croyance.

Le processus créatif est un processus de reddition et non de contrôle. Le mystère est au cœur de la créativité, et il faut faire confiance à cette obscurité.

Et maintenant ?

Le diagnostic est posé. Je suis bloquée et bien bloquée. J’en ai pris conscient, je résiste. Gros demi-tour (voir Décision).

Je m’épuise moralement, physiquement.

Il me faut repartir maintenant.

Comment ? Je ne sais pas (tiens, je résiste).

Suivre la méthode de A à Z ? Bof (je résiste encore)

Prendre soin de moi, me faire dorloter ? Je culpabilise.

Agir ? J’ai peur.

Arrêter de réfléchir ? Sans doute

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